- Sainte-Edwige
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Histoire

Bastille : la fin d'un royaume

Château lugubre entouré par huit tours, on l'érigea vers la fin du 14e siècle afin de protéger le côté oriental de la capitale parisienne.

Les tours, dont l'épaisseur des murs atteignait deux mètres, étaient reliées entre elles par des murailles de trois mètres d'épaisseur, rendant le fantasme de l'évasion parfaitement irréalisable.

Évidemment, pour ajouter au romanesque qu'elle pouvait susciter, la Bastille se ceinturait d'une large douve remplie des eaux de la Seine. Or malgré une apparence austère, ce n'est que sous la gouverne du cardinal de Richelieu (1585-1642) qu'elle devint geôle et elle abrita le plus souvent, des gens de la noblesse que l'on traitait avec de grands égards.

De célèbres prisonniers

Ses plus célèbres prisonniers furent le marquis de Sade (1740-1814), le philosophe Voltaire (1694-1778), le pamphlétaire Jean-Henri Masers de Latude (1725-1805), et encore le mystérieux Homme au Masque de fer.

Ainsi, la terrifiante Bastille n'était peut-être pas aussi horrible qu'il y paraît puisque les prisonniers y menaient grand train, certains pouvant même y faire entrer leur ameublement personnel. Mais son coût d'entretien, lui, faisait certes frissonner plus d'un Parisien en cette époque de précarité économique et de famine parmi la population.

Tout un effectif grassement rémunéré pour la garde de quelques bagnards seulement (sept au moment de la prise de la Bastille en 1789), c'en était trop.

Déjà en 1788, le lieutenant Hilarion Paul du Pujet (1754-1828) recommandait à Louis XVI (1754-1793) la fermeture de la Bastille, envisageant par cette action une économie d'entretien d'environ 140 000 livres.

Mais la suggestion est ignorée et la Bastille, symbole vivant de l'absolutisme monarchique, continue d'être exécrée un temps.

Le début d'une rebellion

En cette fin de 18e siècle, le peuple meurt de faim. Jamais les prix du grain et du pain n'ont été aussi élevés, une mauvaise récolte fait craindre le pire et le trésor royal s'endette.

La rumeur invente les pires calomnies sur les dépenses extravagantes de Marie-Antoinette (1755-1793), la haine monte lentement mais sûrement.

Au début de juillet 1789, les Parisiens sont déjà gavés de hargne, une révolte couve depuis longtemps. Puis le ministre d'État et directeur général des finances Jacques Necker (1732-1804), est renvoyé par le Roi, le 11 juillet.

Cette nouvelle fait boule de neige dans les milieux parisiens. Necker étant perçu comme un homme favorable à la diminution du pouvoir monarchique au profit des États généraux, la rébellion s'organise enfin sur un motif valable.

La Bastille

La milice

Le 13 juillet, les Parisiens sont volcaniques. Un soulèvement populaire mène à la création spontanée d'une milice d'environ 50 000 individus. Afin de s'armer, ils s'attaqueront aux Invalides ainsi qu'à l'Hôtel de Ville.

Entre temps, ils pilleront les boulangeries, victimes accidentelles d'une folie meurtrière en devenir.

La milice a des armes, mais il en manque encore. De plus, la poudre et les munitions restent toujours à trouver.

Qu'à cela ne tienne, il n'y aura qu'à s'approvisionner à la Bastille !

Une journée sanglante

Exaltés par une fureur collective, les émeutiers se ruent vers la forteresse en scandant : À la Bastille !

En cet instant, on n'envisage que de prendre armes et munitions. Mais au fur et à mesure que la foule avance, excitée par la charge des encouragements fusant de partout, l'excès gagne les émeutiers.

Aux portes de la forteresse s'engage une querelle entre les Parisiens furieux et le gouverneur de la prison, le marquis de Launay (1740-1789) qui, finalement, aurait ordonné de tirer sur la foule.

La rage éclate, l'affrontement est inévitable. Plus de 80 citadins périssent dans l'échauffourée, mais la foule parvient néanmoins à forcer la prison, s'empare du gouverneur et le met à mort.

À la fin de cette journée sanglante, on promène la tête du gouverneur de Launay au bout d'une pique, clamant la liberté des Français et la mort de la monarchie.

Plus jamais la France ne sera la même.

Culture générale

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