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Mata Hari

Bien que l'on sache un certain nombre d'informations sur la naissance et les premières années de Margaretha Geertruida Zelle, née à Leeuwarden (Pays-Bas) en 1876, son parcours véritable reste très approximatif. On sait que sa mère mourut alors qu'elle était assez jeune et que son père, un chapelier destiné à la faillite, lui passait ses moindres caprices. On sait également que très tôt, elle aima séduire les hommes. Renvoyée de l'école normale après en avoir séduit le directeur, elle rencontre ensuite un capitaine des Indes néerlandaises, Rudolf Macleod, et part vivre avec lui dans les colonies. C'est là qu'elle met au monde deux enfants, une fille, et un garçon qui meurt en bas âge, empoisonné par une servante. Mata Hari Il semble que ce soit lors de ce séjour indonésien qu'elle apprend l'art de la danse orientale. Sa vie d'épouse, malheureuse à cause d'un époux agressif et alcoolique, fait en sorte qu'elle décide de fuir en France, abandonnant sa fille et ce mari violent. Elle arrive à Paris vers 1903 et devient d'abord écuyère dans un cirque. Déjà, elle ne correspond pas au moule de la femme européenne d'alors. Elle n'a pas froid aux yeux et ne recule devant rien pour assurer sa subsistance. C'est grâce à Émile Guimet (1836-1918), en 1905, qu'elle se joint à un spectacle de danse dans une salle du musée fondé par Guimet. Le numéro, particulièrement érotique, voire audacieux, reçoit un accueil plus que favorable. Mata Hari (Œil de l'Aurore), la danseuse javanaise, est née !

Elle entreprend ensuite une tournée des capitales. C'est à cette époque qu'elle invente toute une histoire autour de son personnage. Elle se crée des origines javanaises, prétend qu'elle a été initiée aux rituels de la danse par des prêtres de Shiva, fait de son père un industriel richissime et s'entoure de mystères. Les hommes se laissent subjuguer par sa beauté basanée, par sa sensualité féline. Bientôt elle collectionne les protecteurs, plus prestigieux les uns que les autres, artistes, politiciens, hommes de guerre, etc. Elle est la courtisane du moment, celle de qui Colette écrira qu'à défaut de savoir véritablement danser, elle savait du moins se dévêtir admirablement.

Il demeure complexe de cerner le personnage. Mythomane, menteuse pathologique ou simplement femme fatale, tentant de cacher son identité dans un monde où elle ne doit sa survie qu'à ses propres ruses ? Avant même que l'on ne lui propose des missions d'espionnage, Mata Hari verse déjà largement dans le mensonge. Irrésistiblement attirée par les hommes en uniforme, particulièrement les pilotes de chasse, la belle égérie gère à coups d'inventions farfelues toute une gamme d'officiers énamourés qui la visitent à tour de rôle. Insaisissable, Mata Hari tombe cependant follement amoureuse d'un pilote russe d'à peine 21 ans, un certain Vadim Maslov. Le jeune homme est blessé, on le soigne à Vittel. Pour le retrouver, Mata est prête à tout. Évidemment, c'est la guerre, les frontières sont surveillées, mais la belle Hollandaise venant d'un pays neutre et parlant plusieurs langues a l'habitude des voyages. Elle croit donc pouvoir se rendre facilement au chevet de son amant. C'est lors de cette tentative qu'on l'approche pour le métier d'espionne.

Mata Hari est-elle naïve ? A-t-elle accepté ce rôle pour payer la faveur de revoir son amoureux ou est-elle déjà en activité pour l'un de ses nombreux et puissants protecteurs ? L'imbroglio d'informations et de contre-informations entendu lors de son procès précipité (il n'a duré qu'un jour) laisse croire que l'on a piégé la pauvre femme à titre de bouc-émissaire. À partir de son arrestation en février 1917 jusqu'au jour de son procès, en juillet 1917, les preuves accumulées contre elle sont pratiquement inexistantes, à l'exception d'une encre sympathique (qui fait également office de contraceptif) ainsi qu'une identification douteuse à un nom de code : H-21. Une rumeur veut que les Allemands l'aient remerciée pour ses services, rumeur démentie ultérieurement dans les mémoires d'une espionne allemande de l'époque. Cette guerre exacerbant les haines, l'opinion publique réclame des coupables pour apaiser sa colère. Qui de plus indiqué que cette femme libre, qui mène une vie sans entrave, couchant sans discernement avec des officiers de toutes nationalités ? Victime désignée, exutoire idéal, Mata Hari, coupable ou non doit expier. On la condamne à être fusillée.

Le 15 octobre 1917, vers 6 heures, à l'aube, les officiers français, arme à la main, s'apprêtent à abattre une héroïne plus que courageuse. Refusant d'avoir les yeux bandés, c'est franchement qu'elle plonge son regard dans celui de ses assassins. Lorsque la salve de détonations se fait entendre, elle ne baisse même pas les yeux avant de s'écrouler avec dignité. Ceux qui l'ont jugé et condamné en sont émus. La mort tragique de Mata Hari, c'est le début d'un mythe qui n'est pas près de mourir !

Depuis 2001, une demande de révision de procès a été déposée sur la table du ministère français de la Justice. Léon Schirmann, un résistant ayant obtenu la Croix de guerre, a mené une enquête à partir des archives judiciaires du procès Mata Hari. Sa conviction est que ce procès reste un crime judiciaire et que la pseudo espionne a fait l'objet d'un complot. Il est évident à ce compte que la légende de la trop libre Mata Hari sera encore longtemps une histoire à suivre…

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