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Louis Mandrin

Il naît le 11 février 1725 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs dans le Dauphiné. C'est alors qu'il n'a que 17 ans que la vie du jeune Louis change radicalement. Aîné d'une famille de neuf enfants, la mort de son père, le maréchal-ferrant François-Antoine Mandrin, le laisse à la tête d'une tribu dont il ne pourra assurer la survie malgré un héritage confortable. Incapable de faire prospérer l'entreprise familiale, il dilapide toute cette fortune dans de mauvaises querelles financières. Pour pallier au déficit, Louis décide de s'engager, en 1748, pour le service de la Ferme Générale, afin de ravitailler l'armée française, en poste sur le territoire italien. Il doit alors franchir les Alpes avec un troupeau de mulets pour exécuter son office. Le périple, hélas, s'opère dans des conditions presque impossibles et le jeune aventurier perd la plupart des bêtes qu'on lui a confiées. À son retour en France, la Ferme Générale décide de ne pas payer Louis pour ses services. Dégoûté, Louis en conçoit une haine farouche à l'égard des fermiers généraux.

Louis Mandrin Les Mandrin désormais ruinés, Louis et son frère Pierre peinent jusqu'en 1753 pour tenter de subvenir aux besoins de la famille en se lançant dans des entreprises plus ou moins nettes. On dénonce alors Pierre pour fabrication de fausse monnaie et on le pend, haut et court. Louis, encore plus écœuré par ce nouveau coup des fermiers généraux, continue ses combines louches avec quelques voyous. C'est alors qu'il se retrouve en mauvaise posture après une affaire de meurtre pour sauver un copain, Brissaud, de la potence. Il doit lui-même fuir pour échapper à la mort. C'en est trop ! Toujours animé de son esprit vengeur, Louis se fait contrebandier. Il se joint alors à un groupe de filous qui a justement pour cible la Ferme Générale et devient rapidement leur chef. Il faut signaler qu'à ce moment, la population déteste les agents de la Ferme Générale. Ces collecteurs de taxes corrompus, désignés comme des voleurs autorisés, pillent les bonnes gens afin de s'enrichir sans scrupules.

À la tête de trois cents hommes, Mandrin met en place un système de contrebande des mieux organisé. Tout son génie se déploie dans sa manière de gérer ses troupes et son matériel. Ses hommes sont disciplinés comme des soldats royaux, ses dépôts d'armes et de marchandises sont dissimulés proprement au cœur du duché de Savoie (Royaume de Sardaigne). Mandrin lance 6 expéditions de contrebande, réglées comme du papier à musique, uniquement contre les agents de la Ferme Générale, et fait si bien que même ces derniers sont contraints de traiter avec lui. Comme son audace et son effronterie dépassent largement les limites des fermiers généraux, ces impopulaires taxateurs réagissent et en appellent au roi. Les sbires de la Ferme Générale investissent alors le territoire de Savoie et tendent un piège aux contrebandiers en se déguisant en paysans. Mandrin est finalement capturé. Malgré la requête de Charles-Emmanuel III de Sardaigne, qui réclame l'extradition de Mandrin en ses terres, demande à laquelle le roi français accède, les fermiers généraux accélèrent le procès de Mandrin et le condamnent à mort. Il est roué vif, au printemps de 1755, à Valence et supporte courageusement la torture. Le bourreau l'étrangle ensuite, pour alléger son agonie ; des milliers de badauds sont là pour supporter leur héros. Mandrin meurt, vive Mandrin !

On sait maintenant que légende fit de Louis Mandrin la victime d'un malheureux destin qui le transforma soudain en un véritable redresseur de torts. Jeune, fort, brave, arrogant, séduisant, rusé, Louis Mandrin cumulait les qualités qui faisaient alors des bandits de grand chemin le prince charmant dont rêvaient plusieurs femmes. Pourtant, même si la réalité valide que le jeune Louis ne se destinât nullement à une carrière de voyou au départ, il n'en reste pas moins qu'il a plongé dans les affres d'une violence et d'une brutalité souvent gratuites. Celui que les femmes nommaient tendrement le "bandit au grand cœur" aura quand même assassiné froidement un homme tenant dans ses bras un bébé, tuant du coup le père et la fillette. Les nombreuses magouilles des frères Mandrin, qui coûtèrent prématurément la vie à Pierre, ainsi que les campagnes des contrebandiers de ce capitaine improvisé, laissèrent peut-être plusieurs morts et blessés dans leur sillage. Sans compter les femmes et les filles violentées, les maisons occupées, les fermiers pillés, etc.

Les documents nous renseignent peu sur la véritable nature de Louis Mandrin. Nous savons seulement ce que la légende a bien voulu retenir de ses bienfaits ou méfaits. Le mythe de l'aventurier punissant les riches abuseurs fut de tout temps un baume puissant pour les pauvres. Or rétablir les faits dans leur authenticité brise inévitablement cette image du héros populaire que l'on veut tendre et généreux. Dans le cas de Louis Mandrin, comme dans le cas de beaucoup d'autres bandits sympathiques, l'histoire n'aura gardé que ce qui plaît, occultant tout le côté sombre d'un homme dont on sait bien peu de choses au final. Mais les héros ne sont-ils pas toujours irréprochables…

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