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Comment est née l'école

À l'instar de beaucoup d'autres choses, l'école vient des premières civilisations, et l'on en retrouve des traces jusque dans l'ancienne Égypte, et aussi en Inde. Dès cette époque, c'est-à-dire autour de 4000 ans av. J.-C., des grands prêtres égyptiens enseignent certains rudiments arithmétiques, mythologiques et religieux aux enfants des familles importantes ou riches tandis qu'en Inde, des hommes religieux passent de villes en villages pour dispenser un enseignement de chants sacrés. En Égypte, l'éducation est fort prisée, on y attache une importance réelle et les enfants jouissent d'un apprentissage considérable. Les garçons ont le privilège de posséder du papyrus pour écrire et de l'encre à base de lie de vin que l'on fait calciner. Quant aux filles, elles font du chant, de la danse et apprennent à jouer des instruments de musique. Histoire de l'école Plus tard, environ 600 ans avant notre ère, les Grecs s'engagent, sur la pente de l'enseignement grammatical et rhétorique auprès de jeunes gens dont les parents sont bien nantis. Alors se révèlent les premiers grands maîtres philosophes, et de là, le concept d'un enseignement de groupe qui met en rapport un maître et des disciples. Sagesse et manière de penser deviennent le culte par excellence des premiers enseignants grecs alors que Confucius (551-479 av. J.-C.) , du côté de la Chine, apporte à ses disciples un savoir général basé sur la morale et l'Histoire.

Plus près de nous, il faut savoir que les Gaulois prodiguent l'enseignement aux enfants par le biais des druides. Ils apprennent le secret des herbes, la façon de cultiver et d'apprêter la nourriture en plus de mémoriser les chants sacrés. Plus pratique, l'enseignement que reçoivent les petits Gaulois est bien loin des règles de conduite que l'on apprend aux petits Romains. Ces derniers se rendent à l'école, lieu généralement situé sur une place publique, et s'y entassent pour recevoir des leçons de lecture, d'écriture, de grammaire, de grec et de latin. L'après-midi, ils se consacrent aux exercices physiques.

Avant même le règne de Charlemagne (747-814), on constate donc une évolution dans les méthodes de transmission du savoir et dans une volonté affirmée et organisée de dispenser ce savoir de façon uniforme. Le concept d'école à titre de lieu physique vient donc de la place publique romaine comme espace de rassemblement destiné à recevoir l'enseignement.

Aussi, ce pauvre Charlemagne n'y est vraisemblablement pour rien, si ce n'est d'avoir récupéré l'idée pour l'appliquer chez les Francs. En France, jusque-là, le peu d'enseignement transmis aux enfants se fait dans l'espace clos des monastères. Bien souvent, ce sont de nobles familles qui envoient leurs rejetons mâles en ces lieux, généralement un cadet pour lequel on ne possède pas d'héritage à léguer, et que l'on case au monastère dans le but de lui offrir au moins une éducation religieuse. Car il ne faut pas s'y méprendre… Cette éducation des plus frileuses se fait à même les textes sacrés de la chrétienté et ne dépasse pas le cadre théologique.

La grande innovation de Charlemagne est alors d'exiger de la confrérie ecclésiastique qu'elle étende ses champs d'enseignement à l'arithmétique, l'astronomie, le chant, la dialectique, la géométrie, la grammaire, le grec, la musique et la rhétorique. De plus, il installe dans son propre palais une école ainsi qu'une académie dans lesquelles il invite les plus grands professeurs de l'époque. Enfin, il somme les paroisses de créer de petites écoles destinées à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul pour les enfants pauvres.

L'école est réservée aux garçons. On estime que les filles ne doivent recevoir que l'éducation qui sera utile à leur fonction d'épouse et de mère. Elles apprennent à cuisiner, à conserver les aliments, à prendre soin des enfants, à repriser les vêtements, bref à tenir maison. Les jeunes filles plus riches ont droit à un supplément en arts. Elles expérimentent le chant, la lecture, l'écriture, le crochet, l'art des travaux à l'aiguille, la musique. Elles peuvent même apprendre à jouer d'un instrument musical. Grâce à l'intervention de madame de Maintenon (1635-1719), l'école Saint-Cyr est édifiée en 1686, et les filles les plus pauvres de la noblesse ont dorénavant droit de fréquenter une institution scolaire.

Jusqu'à l'aube du 19e siècle, la plupart des écoles restent misérables et sans grandes ressources. Les enfants n'ont pas de bureau ou de chaises, le papier n'est pas accessible, les crayons pas davantage. On apprend les chiffres et les lettres à même le sol et on les trace à l'aide de bâton ou de branche taillée. Évidemment, cette réalité est celle des enfants de roturiers et de paysans. Les fils et filles de familles aristocratiques reçoivent, pour la plupart, une éducation spécialement adaptée, dispensée par un ou plusieurs précepteurs attachés à leur seule maison.

Il faut attendre l'année 1881 pour qu'un progressiste du nom de Jules Ferry (1832-1893) vienne changer la donne dans le monde de l'éducation. Promu au gouvernement comme ministre, il édicte des lois qui prescrivent l'école obligatoire et gratuite pour tous, filles et garçons, pauvres et riches confondus. De plus, il retire l'école du tutorat religieux et la rend laïque, ce qui permettra ultérieurement un enseignement libéral et plus objectif, désormais libéré des interdits idéologiques imposés par l'Église.

Certes, la petite école de cette première vague de révolution scolaire ne se lance pas d'emblée dans les chambardements technologiques. Elle reste très modeste dans ce quelle offre comme matériel d'apprentissage, mais peu à peu, on y ajoute les bureaux, les chaises, les cahiers, les plumes et l'encre, les bouliers pour le calcul, les chaînes d'arpenteur pour les mesures, les balances pour les poids ainsi que les manuels scolaires.

Grâce à cette évolution de l'école, il n'existe presque plus d'analphabètes en France. L'école, obligatoire jusqu'à 16 ans, permet aujourd'hui à 60 % de la population étudiante d'obtenir un baccalauréat et de poursuivre ensuite des études supérieures. Or cet investissement, fait par ce sacré Charlemagne, il y a près de 1300 ans, aura eu, malgré qu'il en fasse soupirer plus d'un à la rentrée, la vertu de faire du peuple français un peuple cultivé et fier de son savoir !

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