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La saga de l'aéropostale

Depuis l'Antiquité, l'homme rêve de voler. Le mythe d'Icare n'est que l'allégorie d'une obsession qui devait tenailler les grands penseurs depuis la nuit des temps. Cependant, malgré les maquettes d'engin de vol fort audacieuses de Da Vinci, dès le 15e, il faut attendre 1897 pour l'avènement du premier décollage d'un appareil plus lourd que l'air, alors piloté par le Français Clément Ader (1841-1925). Fait controversé par les partisans des frères Wilbur (1867-1912) et Orville (1871-1948) Wright, lesquels ont effectué leur premier vol en 1903. Cette époque est, en dépit de ces petites querelles de paternité, la véritable naissance de l'aviation.

Aéropostale À partir de ces balbutiements aériens, des idées germent à l'esprit de plusieurs audacieux qui songent que ce nouveau moyen de transport pourrait s'avérer révolutionnaire à plusieurs égards. L'un d'eux est Pierre-Georges Latécoère (1883-1943). À 30 ans, Latécoère, diplômé de l'École d'arts et de manufactures de Paris, connaît peu sur l'aviation, mais il compte bien investir ce champ de construction et le développer autant qu'il le pourra. Dès 1917, il se lance dans la production aéronautique alors que l'armée lui commande la fabrication de 1000 appareils de reconnaissance, la guerre utilisant déjà de petits avions pour des missions d'observation depuis 1914. Mais l'homme a un rêve : utiliser ses avions pour distribuer le courrier d'un continent à l'autre. Créer des liaisons entre la France et des pays éloignés constitue son objectif ultime. En 1918, il instaure La Ligne, un trajet aérien qui assure la liaison postale entre Toulouse et Barcelone et le premier vol est effectué à la fin de la même année. Latécoère recrute ses pilotes parmi ceux-là mêmes qui ont conduit ces machines volantes pendant la guerre. Ils sont aventuriers, braves, sans peur et surtout ils ont envie de ce challenge extraordinaire : conquérir enfin le ciel, traverser l'immensité du ciel pour découvrir l'infini. Dans les premières années de ce trafic aéropostal, plusieurs de ces héros périront en mission. Certains en plein vol, égarés par des tempêtes, d'autres au décollage ou lors d'atterrissages catastrophiques. La presse s'empare de leurs exploits et bientôt, les pionniers du ciel deviennent de véritables intouchables aux yeux de l'opinion populaire. L'on éprouve une admiration sans bornes pour ces dompteurs de ciel qui risquent chaque jour leur vie pour distribuer le courrier coûte que coûte.

Celui que tous reconnaissent et vénèrent comme un modèle c'est Jean Mermoz (1901-1936). Entré au service de Latécoère (Compagnie générale d'entreprise aéronautique) en 1920, Mermoz en téméraire exalté qu'il est, affrontera toutes les tempêtes, tous les dangers, jusqu'à ce qu'il disparaisse aux commandes de son Laté 300 (La Croix du Sud), le 7 décembre 1936. Un autre fameux pilote de cette épopée exceptionnelle est Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944). On le présente au bras droit de Latécoère, Beppo de Massimi et il est engagé en 1926. Dès 1927, il devient chef d'escale de Cap Juby, dans le sud marocain, après avoir assuré les trajets Toulouse-Casablanca et Casablanca-Dakar. Un troisième guerrier de l'air se joint au sein de la prestigieuse équipe volante de Latécoère : Henri Guillaumet (1902-1940). Cet intrépide aviateur, ayant survécu 5 jours et 4 nuits après l'écrasement de son Protez 25, en 1930, lors d'une traversée des Andes, est considéré par plusieurs comme le plus grand pilote du moment. Saint-Exupéry s'est d'ailleurs inspiré de cette leçon de courage incomparable pour écrire son roman Terre des hommes (1939). Il meurt 10 ans plus tard (novembre 1940), alors que son appareil est abattu en plein vol au-dessus de la Méditerranée par un chasseur italien. Guillaumet se dirigeait vers la Syrie, conduisant le nouveau haut commissaire de France, Jean Chiappe, en sol syrien.

La compagnie aérienne de Latécoère, malgré ses performances inestimables, ses 108 pilotes, ses 250 mécaniciens et ses 100 avions, ne fait pas l'unanimité. Même son itinéraire sud-américain, reliant Rio à Recife, ne suffit pas à lui fournir une crédibilité. Elle ne reçoit aucune aide du gouvernement et plusieurs pays restent réticents à son expansion. De plus, l'administration française refuse de céder à la compagnie les autorisations nécessaires à l'utilisation d'appareils plus puissants et surtout plus légers. La compétition devient féroce. D'autant que les Américains font très fort, Charles Lindbergh (1902-1974) en tête, alors qu'il traverse l'Atlantique en 33 heures 30 minutes, bête noire des Français, aux commandes du Spirit of Saint-Louis, au cours d'un vol sans escale New York-Paris. Épuisé par les contraintes administratives et les problèmes financiers, Latécoère se résigne à céder 93% de sa compagnie à l'homme d'affaires Marcel Bouilloux-Lafont, en 1927.

Cet industriel discret, installé au Brésil, fera tout en son pouvoir pour donner des ailes à cette nouvelle acquisition qui prend le nom de Compagnie Générale Aéropostale, et tente de la développer en Amérique latine. Mais sans appui de l'état français, naviguant difficilement au milieu d'un scandale politico-financier, mettant en cause la richesse de la famille Bouilloux-Lafont, c'est le dépôt de bilan dès 1931. La suite des événements amènera la Compagnie Générale Aéropostale à fusionner avec d'autres compagnies d'aéronautique commerciale, et donnera naissance, en octobre 1933, à la compagnie Air France.

Il était logique que les pionniers du ciel se décarcassent et risquent leur vie pour ouvrir le chemin à des entrepreneurs puissants qui s'empareraient de cette inestimable réalisation. Comme pour chaque découverte, pour chaque grande invention, il y a des passionnés, des fous furieux pour se lancer à corps perdu dans l'aventure de la conquête. Envers et contre tout, l'idée d'être le premier fascine les hommes et les pousse au-delà de leurs limites. Et comme l'affirma Latécoère lui-même, au tout début de cette quête extravagante : "J'ai refait tous les calculs, ils confirment l'opinion des spécialistes : notre projet est irréalisable. Il ne nous reste plus qu'une seule chose à faire : le réaliser." Et c'est de ce défi impossible qu'est née l'une des plus grandes conquêtes du monde moderne !

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